Les raisons de la taxation

Mis en ligne le 29 septembre 2015 par Patrick Turmel et classé sous Non classé

Aujourd’hui! (À Ottawa)

Les raisons de la taxation (D. Robichaud)

Dans le cadre du Cycle annuel de conférences sur la recherche en droit de la Section de droit civil, ne manquez pas la conférence de David Robichaud, professeur agrégé au Département de philosophie de l’Université d’Ottawa

Le professeur Robichaud est un spécialiste d’éthique et de philosophie du droit. Docteur en philosophie de l’Université de Montréal et de l’Université catholique de Louvain, il est co-auteur du livre Penser les institutions. Les défis contemporains de la philosophie politique, publié aux Presses de l’Université Laval en 2012, 342 (avec P. Turmel et D. Anctil) ainsi que de l’ouvrage intitulé La juste part. Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains.

Cette conférence sera présentée le mardi 29 septembre 2015, de 11h30 à 13h (repas fourni), au FTX202.

http://philottawa.blogspot.ca/2015/09/les-raisons-de-la-taxation-d-robichaud.html

Two egalitarian reasons for taxation

Mis en ligne le 28 septembre 2015 par Patrick Turmel et classé sous Actualité philosophique, Événements

Aujourd’hui!

Le 28 septembre, Patrick Turmel (Université Laval, Canada) interviendra dans le séminaire de recherche de l’Erasmus Institute for Philosophy and Economics (de 17h00 à 18h30, Université Erasmus de Rotterdam, Bâtiment Theil, C1-5). Le titre de sa présentation sera “Two egalitarian reasons for taxation”.
Répondant: Laurens van Apeldoorn (LUC The Hague)

http://www.eur.nl/fw/english/eipe/seminars/

Un automne à Paris

Mis en ligne le 28 septembre 2015 par Patrick Turmel et classé sous Non classé

Je passe tout l’automne à Paris, où je suis professeur invité à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne. J’y donne un séminaire (de Master 2) sur les enjeux de la philosophie politique de l’impôt, en tandem avec Pierre-Yves Néron, maître de conférences à l’Université catholique de Lille.

Je suis également chercheur invité au Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (équipe NoSoPhi) et à la Chaire Éthique et finance du Collège d’études mondiales.

Pour ceux qui ne seraient pas trop loin et que ça pourrait intéresser, voici quelques activités prévues:

Lundi 28 septembre, 17h-18h30
« Two egalitarian reasons for taxation »
EIPE Research Seminars
Erasmus University Rotterdam

Mercredi 7 octobre, 11h-30-13h30
« Raisons et normes de l’impôt »
Séminaire NORMA
Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne
Pôle NoSoPhi (Normes, sociétés, philosophies)
17 rue de la Sorbonne, Paris

Mardi 10 novembre, 12h45-14h
« Démocratie espaces publics: formel, virtuel ou physique »
Chaire Hoover d’éthique économique et sociale
Université catholique de Louvain
Salle Vives, Dupriez D307, 3 Place Montesquieu, LLN

Mercredi 18 novembre, 17h-19h
« La difficile justification des hauts revenus des chefs d’entreprise : l’argument de la motivation à la performance »
Séminaire de la chaire Ethique et finance
Collège d’études mondiales
190 Avenue de France
Paris 75013
Salle CNRS 638

Jeudi 26 et vendredi 27 novembre
Colloque
« Basic Rights, Relational Ethics, and Financial Constraints »
Fondation Maison des Sciences de l’Homme
190 Avenue de France
Paris 75013

De passage à « Radio-Canada cet après-midi »…

Mis en ligne le 15 juillet 2014 par Patrick Turmel et classé sous À la radio, Politique québécoise

pour parler de l’Affaire Bolduc.

À écouter à partir de 16h44.

Affaire Bolduc: de la confusion entre principe et exception

Mis en ligne le 15 juillet 2014 par Patrick Turmel et classé sous Politique québécoise

Dans la foulée de l’affaire Yves Bolduc, le premier ministre annonce une réflexion sur l’encadrement des conditions de travail des députés, ce que nous devrions accueillir favorablement.

Malheureusement, le premier ministre donne surtout l’impression de vouloir noyer le poisson, par des considérations sans intérêts sur le détail des balises à adopter. Selon ses mots, il s’agirait d’une question très subjective : « ça dépend du type de travail, ça dépend des individus et de leur capacité de travail. »

Pourtant, le principe de base devrait être simple et c’est lui qui devrait être rappelé en priorité comme allant de soi : dès lors que vous occupez à temps plein le rôle démocratique de représentant du peuple, vous devriez y consacrer toutes vos heures travaillées. Corps et âme.

Que certains députés n’en soient pas conscients est un bien triste symptôme de l’état de notre démocratie.

Contrairement à ce que semblent croire messieurs Bolduc ou Barrette, il ne s’agit pas ici simplement de cumuler deux emplois distincts, comme le jeune qui est moniteur de terrain de jeu la semaine et qui travaille dans un fast-food la fin de semaine.

Le rôle de représentant du peuple n’est pas un simple emploi, même s’il est rémunéré. Se faire élire député, c’est choisir de mettre entre parenthèses sa propre carrière pour se consacrer au bien commun. Par son travail, le député doit être dévoué entièrement à l’intérêt général.

Il ne s’agit donc évidemment pas non plus d’empêcher qui que ce soit de « travailler fort ». Il s’agit plutôt de se rappeler ce qu’implique la fonction de député. Si une nouvelle législation est nécessaire, elle devrait affirmer ce principe, et non mettre l’accent sur son exception. Et s’il existe des exceptions à ce principe, alors un député devrait être en mesure de justifier une demande de dérogation.

Ce qu’il faut à tout prix éviter est de légiférer en fonction de l’exception. C’est pourtant ce que semble vouloir faire Couillard, confondant ainsi le principe et l’exception.

Cette confusion n’est pas sans conséquence. Le genre de balises désirées par Philippe Couillard – concernant les détails du cumul des emplois – risque d’entraîner des effets pervers. Car il ne s’agit pas d’insister sur le fait que les élus peuvent avoir un deuxième emploi, mais sur le fait qu’ils ont le devoir de se consacrer d’abord à leur rôle politique.

Cette ouverture du premier ministre au cumul des emplois – et le comportement du ministre Bolduc qui prend la chose pour acquise – ne fait rien pour combattre le cynisme ambiant entretenu envers les politiciens.

On rappelle souvent, avec raison et en réponse à un tel cynisme, à quel point le rôle de député peut être exigeant : que les députés se dévouent pour leurs électeurs, ne comptent pas leurs heures, peuvent être appelés à tout moment à intervenir sur la scène publique, etc. D’ailleurs, si Yves Bolduc est un bourreau de travail, comme il l’affirme lui-même, alors on aurait voulu qu’il mette ce trait de personnalité au service des citoyens et au profit du bien commun, ce pourquoi il a été élu.

À l’inverse, le message qu’il envoie semble plutôt conforter le cynique déjà convaincu que les députés ne font que le strict nécessaire et ne pensent qu’à leur propre intérêt.

D’ailleurs, la même logique s’applique aussi en partie à la profession médicale. Les salaires très élevés accordés aux médecins se justifient entre autres par un travail extrêmement prenant, aux longues heures, avec une responsabilité importante et constante envers leurs patients. Le médecin est bien payé, dit-on, parce qu’ « il n’a pas de vie ». Or, ce que le docteur Bolduc nous apprend par son comportement est qu’il est aisé de faire un gros salaire comme médecin en ne travaillant que la fin de semaine et quelques soirs de semaine, sans même avoir à se soucier d’aucune façon de ses patients de jour, du lundi au vendredi.

Si telles sont effectivement devenues les conditions de travail des médecins, peut-être sont-ils trop payés…

Par son manque de jugement, Yves Bolduc a réussi à dévaloriser et le rôle de député et la profession médicale.

Les balises du premier ministre n’aideront sans doute pas à redorer leur blason. Dans sa position, Philippe Couillard aurait dû, sans attendre, affirmer l’importance du rôle joué par le député dans une société démocratique, plutôt que de défendre à tout prix les choix de son collègue médecin.